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La troisième réunion de Celsius, sur le thème “Les Européens se font-ils confiance ?”, a eu lieu les 3 et 4 avril 2009 à Paris.

Trouvez ci-dessous les documents produits pour cette réunion:

Vendredi 3 avril – Ecole normale supérieure, Salle des Actes

15h30 La confiance dans le projet Européen, une érosion réversible ?

Les Européens ont-ils perdu confiance dans le projet d’une Europe unie?
Christian Lequesne
La règle de droit au cœur de l’Europe : expression ou substitut de la confiance ?
Vittorio di Bucci

17h30 La confiance entre Etats : une utopie nécessaire ?

L’euroscepticisme : les raisons d’une passion
John Gummer
Les attentes des nouveaux pays adhérents : mémoire, espoir, désillusions ?
Tomasz Orlowski, Jan Macháček
Se défendre ensemble : la confiance à l’épreuve
Bernard Thorette

Samedi 4 avril – Ecole normale supérieure, Grande Salle boulevard Jourdan

9h30 Confiance, culture, connaissance

Confiance et connaissance : Thomas Mann à Paris
Etienne Barilier
L’esprit européen peut-il encore changer l’Europe ?
Jean-Pierre Jouyet
L’Europe a-t-elle perdu la foi ?
Henri Madelin

~13h00 Assemblée générale de Celsius

Quand le thème de cette rencontre a été retenu, la crise économique n’avait pas encore placé, de façon évidente, la question de la confiance au cœur des difficultés de l’Europe. Pourtant, il était possible de discerner, à mesure que les projets de réforme institutionnelle trébuchaient sur les referendums, que se révélaient des malentendus entre les nouveaux pays adhérents et les anciens, que la méfiance vis-à-vis de tout nouvel élargissement se généralisait, que piétinait la construction d’une défense commune, les signes d’un délitement de la confiance sous-jacente dont l’Europe a besoin.

Confiance des citoyens dans le projet européen et l’avenir collectif qu’il dessine, confiance des États européens entre eux, confiance des Européens en eux-mêmes dans un monde instable : trois dimensions étroitement liées d’une question qu’il n’est plus possible de ne pas poser clairement. Car personne ne peut imaginer que l’Europe réussisse si les Européens ne se font plus confiance.

Ces questions que les débats de Celsius avaient fait ressortir par temps calme prennent une acuité plus grande dans le contexte sombre et bouleversé où se trouve l’économie mondiale.

Alors que la pertinence de l’échelon européen pour trouver des réponses à la crise s’impose à tous, les Européens s’opposent sur presque toutes les questions importantes : garanties données aux banques par les États, soutien aux industries nationales et risque de protectionnisme, partage de l’effort de relance économique, respect des disciplines au sein de la zone euro et degré de solidarité face aux États dont les finances publiques dégradées menacent la monnaie commune, soutien réclamé avec insistance par les nouveaux adhérents dont les économies révèlent leurs fragilités: aucune de ces questions n’a pour l’instant fait l’unité des Européens ; chacune d’entre elles donne lieu, à mots à peine couverts, à des procès d’intention qui révèlent combien l’Europe, en tant que communauté solidaire, est vulnérable, et combien est dégradée la confiance qui est le ciment de son existence.

La vocation de Celsius n’est pas de réagir « à chaud » à l’agenda politique, mais de favoriser le ressourcement du débat public par des échanges portant sur les questions profondes dont il fait souvent l’économie. Nous y serons fidèles en réfléchissant à cette question de la confiance dans ses dimensions culturelles, celles du temps long et des racines : à trop les négliger, l’Europe s’appauvrit, et se trouve démunie face aux tourmentes ; on cherche en vain le sens partagé qui permettrait de dépasser, dans l’épreuve, les angoisses et les difficultés propres de chacun. Mais nous ferons aussi au contexte et aux questions de l’heure la part qu’ils méritent, puisque nos intuitions nous ont conduits au cœur d’une situation où se joue, aujourd’hui, l’avenir de l’Europe.